1 journée dans la peau d’un assistant pédagogique à la [email protected]émie

Guillaume christiani

Discussion avec Guillaume Cristiani, Assistant Epitech en Région (AER), qui encadre les 2 promotions [email protected]émie du campus de Marseille. 

Comment décrirais-tu une journée-type en temps qu’encadrant ?

9h : Je fais régulièrement des lancements de projets sur ce créneau. 

C’est la première étape qui consiste à montrer le rendu vers lequel ils vont devoir tendre, le cahier des charges lié. C’est de façon plus globale ce à quoi le projet doit ressembler, et doit contenir comme fonctionnalité. Exemple : reproduction du site Meetic. 
Les questions sont nombreuses : « Qu’attendez-vous comme niveau de détails concernant cette fonctionnalité d’implémentation de brique de paiement sur le site ou l’application ? », etc.  
La durée des projets peut varier, selon leur complexité et le niveau de réalisation demandé.  
 
10h-11h : Je passe dans les groupes pour savoir si tout le monde a compris le sujet, et je donne des pistes sur la structure générale/l’architecture. 

J’incite parfois à recourir aux sites externes comme Trello pour la répartition des tâches et je présente ces outils un par un. Leur utilisation vaut des points en plus. Je ne gère pas les changements de groupe, la répartition des tâches entre eux, ils sont souvent autonomes.  Il faut savoir qu’au début du cursus, ils peuvent faire les projets tout seul. 
 
11h-12h : On va poursuivre la connaissance du milieu tech commencée au début du mois.

Les étudiants qui ne sont pas passés vont se prêter au jeu du Lightening talk (en français “discours éclair” ndlr). Il s’agit de courts exposés sur une technologie de leur choix, grâce auxquels certains vont acquérir de l’aisance en prise de parole en public. J’ai vu des belles progressions d’ailleurs. 
Une étudiante nous a présenté le concept du crédit social chinois par exemple la semaine dernière, technologie qui marche avec l’intelligence artificielle. 
 
12h-13h30 : pause déjeuner 
 
13h30 -15h30 : Je passe à nouveau parmi les groupes pour répondre aux questions techniques : est-ce que cette fonction est bien, est ce que ce code est optimisé (le langage, le nombre de lignes), est-ce que c’est ergonomique, est-ce que c’est visuellement attractif, est-ce que la charte graphique est correcte ?  
Ce sont en effet des sites web qui demandent un travail de graphisme parfois important. 
Il y a aussi l’enjeu de bien identifier : 
– ceux qui ne semblent pas beaucoup avancer mais qui n’osent pas demander de l’aide, 
– ceux qui pensent avoir un peu trop d’avance au début et connaissent déjà le code. Il est clair qu’ils ne doivent pas se reposer sur leurs lauriers car ils se font rattraper par les autres facilement. 
 
15h30-17h : Je fais passer les oraux de soutenance.

C’est en général 20 minutes par groupe. 
On va dialoguer sur ce qu’ils ont réussi, ce qu’ils n’ont pas réussi, mais aussi comment ils s’y sont pris à chaque fois. 
Le barème va être très variable d’un projet à un autre. Il est aussi important de préciser qu’il y a des points :  
– sur les softs skills en communication, en présentation et sur la maîtrise du sujet, compréhension du sujet, des enjeux ;  
– bonus s’ils utilisent des sites externes 1) pour s’organiser, 2) pour présenter, comme figma pour faire une maquette ou Notion pour prendre des notes et répartir les tâches. 
 La notation est exigeante, mais ceux qui travaillent réussissent bien ! 


Qu’apprécies-tu dans ce rôle d’encadrant  ? 

En tant qu’étudiant PGE de 3e année, j’ai été surpris de la qualité de la piscine, ils comprenaient facilement ce qu’étaient les variables et j’ai pu voir une montée en compétences au niveau technique mais aussi au niveau des compétences personnelles transversales : prise de parole en public notamment, pendant les lightening talks. 
Tout le monde part du même pied : ceux qui ont fait un bac littéraire s’en sortent aussi bien que les autres. C’est la capacité à travailler qui définit le niveau de progression. 
Je suis assez jeune, mais malgré cela il y a un respect assez fou, même de la part des étudiants plus âgés, car ils sont là pour apprendre. Comme certains ont 5 fois mon expérience personnelle, cela aurait pu être intimidant, mais en réalité non, je l’ai vite compris. 

  
Que penses-tu de la pédagogie ? 

Elle est totalement adaptée et j’ai vu des belles montées en compétences comme je disais. Il faut les laisser faire leurs propres erreurs. 
On les incite à être des bons élèves de façon insidieuse dans le modèle classique, chez nous on les incite davantage à chercher, à faire plus que ce qui est demandé. 
On met des obstacles, mais c’est volontairement pour qu’ils aillent bosser plus que s’ils allaient chercher directement la réponse précise. En se perdant, ils vont trouver une information qu’ils n’auraient pas pu apprendre dans un autre contexte, une notion complémentaire, et parfois qu’ils ne pensaient pas être reliés au sujet principal.”  

Quelles sont les qualités à avoir d’après toi pour être un bon AER ?

– patient, car parfois il faut réexpliquer, rester calme car les émotions négatives vont impacter la persévérance, 
– sociable, avenant, observateur,  
– savoir guider, diriger (accompagner en montrant) sans contrôler, et surtout pas seulement orienter (indiquer à la personne la direction à prendre). 

 
Cette expérience m’a servi d’ailleurs en entreprise, quand il y avait un bon nombre de stagiaires qui sortaient de bons établissements mais n’avaient jamais travaillé en mode projet.  
J’ai eu la patience, la capacité à vulgariser, pour communiquer à ceux qui n’avaient pas travaillé jusqu’ici sur un gros projet avec cet objectif de faire du code propre. 

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